Quelles sont les échéances retraite à ne pas manquer ?
Par Maxime Logerot, expert retraite — publié le 30/07/2026
La suspension de la réforme des retraites, en vigueur du 1er septembre 2026 au 1er janvier 2028, redistribue le calendrier. Pour les professions libérales hors CIPAV, la première date d'effet qui en ouvre le bénéfice est le 1er octobre 2026 : leurs caisses liquident par trimestres civils. S'y ajoutent la fenêtre de rachat CIPAV et la réforme du cumul emploi-retraite au 1er janvier 2027.
Pourquoi un calendrier réglementaire dédié ?
La retraite se joue en dates. Un dossier déposé avec quinze jours de retard décale l'effet d'un trimestre entier à la CARMF. Une fenêtre préférentielle de rachat manquée majore durablement le coût d'acquisition des trimestres. Une déclaration de reprise d'activité oubliée expose à un rappel de trop-perçu majoré. À la différence des règles paramétriques (âges, taux, durées), les échéances calendaires ne se rattrapent pas — ou seulement à des conditions moins favorables.
Cette page recense les échéances connues à la date de sa dernière mise à jour, pour l'année en cours et l'année suivante. Elle est mise à jour à chaque parution d'un texte modifiant un délai, un tarif ou une date d'effet réglementaire. Les dates préfixées d'une mention à confirmer renvoient à un texte dont la publication définitive n'est pas encore intervenue au Journal officiel.
Pourquoi le 1er octobre 2026 est une date charnière pour les libéraux
Deux règles se croisent à cette date, et leur combinaison crée une échéance qui ne concerne que les professions libérales.
Première règle : la suspension de la réforme. L'article 105 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 gèle le relèvement de l'âge légal et de la durée d'assurance pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, et jusqu'au 1er janvier 2028. Les générations 1964 à 1968 y gagnent jusqu'à trois mois d'âge et un trimestre de durée requise.
Seconde règle : le calendrier de liquidation des sections CNAVPL. À la différence du régime général, qui liquide au premier jour du mois suivant la demande, la plupart des sections professionnelles liquident au premier jour du trimestre civil : 1er janvier, 1er avril, 1er juillet, 1er octobre.
La conséquence est mécanique. Un médecin affilié à la CARMF, un chirurgien-dentiste à la CARCDSF, un infirmier à laCARPIMKO, un pharmacien à la CAVP ou un expert-comptable à la CAVEC ne peut pas liquider au 1er septembre 2026 : cette date n'existe pas dans leur calendrier. La première date d'effet leur permettant de bénéficier de la suspension est le 1er octobre 2026.
La CIPAV fait exception. Depuis le décret n° 2023-148 du 2 mars 2023, elle liquide au premier jour du mois suivant la réception de la demande. Un affilié CIPAV peut donc prendre effet dès le 1er septembre 2026, sans attendre un trimestre.
Pour les autres, l'enjeu se mesure : entre un départ au 1er octobre 2026 et un départ au 1er janvier 2028, une génération 1964 passe de 170 à 171 trimestres requis. Un trimestre manquant, c'est une décote définitive. Notre simulateur chiffre l'écart : il suffit de faire varier la date de départ pour voir la bascule.
Le délai de dépôt reste la contrainte réelle. Les sections demandent un dossier complet quatre à six mois avant la date d'effet souhaitée. Pour un effet au 1er octobre 2026, cela supposait un dépôt au printemps. Un dossier constitué aujourd'hui vise en pratique le 1er janvier 2027, qui reste dans la fenêtre de suspension — mais la marge se referme.
Le 31 décembre 2026 pourrait constituer la fin d'une fenêtre préférentielle de rachat à la CIPAV, sous réserve de confirmation par la caisse. Les rachats à tarif préférentiel sont périodiquement ouverts par les statuts des sections professionnelles pour des périodes courtes ; leur calendrier n'est pas fixé par la loi mais par décision propre à chaque caisse. Il convient de vérifier l'ouverture effective d'une telle fenêtre avant toute décision d'achat.
Le 31 décembre 2026 pourrait constituer la fin d'une fenêtre préférentielle de rachat à la CIPAV, sous réserve de confirmation par la caisse. Les rachats à tarif préférentiel sont périodiquement ouverts par les statuts des sections professionnelles pour des périodes courtes ; leur calendrier n'est pas fixé par la loi mais par décision propre à chaque caisse. Il convient de vérifier l'ouverture effective d'une telle fenêtre avant toute décision d'achat.
Quelles échéances au 1er janvier 2027 ?
Le 1er janvier 2027 marque l'entrée en vigueur de la nouvelle tranche du cumul emploi-retraite pour la tranche d'âge 64-67 ans, prévue par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025). Le seuil de revenus applicable, présenté comme provisoire à hauteur d'environ 7 000 € annuels, sera précisé par un décret d'application encore en attente à la date de publication de cette page.
Le 1er janvier 2027 est également la date de revalorisation annuelle des pensions du régime général et de la plupart des régimes de base, indexée sur l'évolution moyenne des prix hors tabac. L'Agirc-Arrco procède quant à elle à sa revalorisation au 1er novembre de chaque année, selon sa propre convention de gestion.
Quelles échéances récurrentes chaque année ?
Trois échéances reviennent chaque année et méritent d'être connues. Au 1er janvier, revalorisation des pensions de base ; à la fin janvier, envoi par les caisses des relevés fiscaux (attestations pour la déclaration de revenus) ; en mai-juin, campagne de déclaration fiscale intégrant les pensions perçues l'année précédente. À cela s'ajoutent les échéances propres à chaque statut : appels de cotisations trimestriels pour les libéraux, régularisations annuelles pour les indépendants, DSN mensuelles pour les salariés.
Le compte personnel de retraite (accessible sur le portail info-retraite.fr) est mis à jour annuellement, généralement au premier semestre, avec l'intégration de l'année N-1. C'est le moment privilégié pour vérifier la complétude de son relevé de carrière et détecter d'éventuelles omissions avant qu'elles ne se cristallisent au moment de la liquidation.
Comment anticiper une échéance qui vous concerne ?
Trois principes valent pour toutes les échéances : anticiper de six mois minimum toute liquidation projetée (afin de disposer du temps de détecter et corriger d'éventuelles erreurs préalables) ; conserver trace écrite de toute démarche (accusé de réception postal, capture d'écran de dépôt en ligne, courriel de confirmation) ; ne jamais s'en remettre à la seule information affichée sur le compte personnel de retraite pour arbitrer une décision — les incohérences entre le compte et les données des caisses ne sont pas exceptionnelles.
Pour les échéances à effet différé (rachat, versement pour la retraite, choix d'un régime optionnel), la règle est plus simple encore : plus la décision est prise tôt, plus l'arbitrage financier est favorable. Un rachat souscrit à 55 ans coûte structurellement moins cher qu'à 62 ans, à conditions égales.
Comment est mis à jour ce calendrier ?
Ce calendrier est révisé à chaque parution d'un texte réglementaire modifiant un délai. Les sources consultées incluent le Journal officiel, les circulaires de la Cnav, les décisions publiques des sections libérales et les publications de l'Agirc-Arrco. La date de dernière mise à jour figure en signature de page. Aucun élément ne provient d'un moteur d'analyse automatique : chaque échéance est vérifiée à la source par un membre du cabinet avant intégration.
Sources et références.
- Cnav — Calendrier des principales échéances
- CARMF — Modalités de dépôt et liquidation trimestrielle
- CIPAV — Modalités de rachat de trimestres (barème et fenêtres préférentielles)
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026
Questions fréquentes.
L'échéance du 1er octobre 2026 concerne-t-elle toutes les caisses libérales ?
Toutes sauf la CIPAV. La plupart des sections CNAVPL — CARMF, CARCDSF, CARPIMKO, CAVP, CAVEC — liquident au premier jour du trimestre civil : pour elles, la première date d'effet ouvrant droit à la suspension de la réforme est le 1er octobre 2026. La CIPAV liquide au mois depuis le décret n° 2023-148 du 2 mars 2023 : ses affiliés peuvent partir dès le 1er septembre 2026.
Le rachat CIPAV peut-il être étalé ?
Oui. La CIPAV admet, sur demande motivée, un étalement du paiement du rachat sur trois ans maximum, sans intérêts, à condition que la demande soit formulée au moment de la souscription du rachat. Un étalement rétroactif n'est pas admis.
Que faire si l'on rate le délai de deux mois pour contester ?
Le délai de deux mois est un délai de forclusion, mais il ne court qu'à condition que la notification mentionne explicitement les voies et délais de recours. Une notification incomplète sur ce point rend le délai inopposable. Une régularisation de calcul reste par ailleurs possible par voie gracieuse à tout moment.
Le versement pour la retraite (rachat Fillon) a-t-il une date limite ?
Non, il n'a pas de date limite absolue. Le versement pour la retraite peut être souscrit jusqu'à la date d'effet de la pension. Son intérêt financier décroît toutefois avec l'âge : plus l'assuré rachète tôt, moins le prix unitaire du trimestre est élevé, et plus la période de récupération de l'investissement par la pension revalorisée est longue.
Une échéance manquée peut-elle être régularisée rétroactivement ?
Cela dépend de la nature de l'échéance. Un dépôt tardif de dossier CARMF décale simplement la date d'effet au trimestre suivant, sans autre conséquence. Un rachat non souscrit dans la fenêtre préférentielle est perdu à ce tarif : le rachat reste possible ultérieurement mais au prix courant. Une déclaration de cumul emploi-retraite oubliée peut donner lieu à un rappel de trop-perçu et à une suspension temporaire du versement.
La déclaration de reprise d'activité est-elle mensuelle ou annuelle ?
Elle est ponctuelle : chaque reprise d'activité doit être déclarée dans le mois de son commencement. Un examen annuel des revenus est ensuite effectué par la caisse pour vérifier le respect des plafonds du cumul plafonné. Aucune déclaration mensuelle systématique n'est requise, sauf régime particulier propre à certaines sections libérales.
