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CAVP : la seule caisse libérale à comporter une part de capitalisation

Par , expert retraite — publié le 31/07/2026

La Caisse d'assurance vieillesse des pharmaciens présente une singularité qu'aucune autre section libérale ne partage : une partie de son régime complémentaire fonctionne par capitalisation, sur un compte individuel converti en rente au moment de la liquidation. Cette mécanique change la nature des arbitrages de fin de carrière.

Qui relève de la CAVP ?

La Caisse d'assurance vieillesse des pharmaciens est la section professionnelle de la CNAVPL compétente pour les pharmaciens exerçant à titre libéral : titulaires d'officine principalement, mais aussi biologistes exerçant en libéral.

Le statut détermine le régime, et cette distinction est plus lourde de conséquences qu'il n'y paraît. Un pharmacien adjoint salarié relève du régime général et de l'Agirc-Arrco, pas de la CAVP. Une carrière ayant commencé comme adjoint avant une installation en officine — soit le parcours le plus répandu — génère donc des droits dans plusieurs régimes, à demander séparément.

Comment fonctionne la part par capitalisation ?

Le régime de base obéit aux règles communes de la CNAVPL : points acquis sur deux tranches de revenu professionnel, conditions d'âge et de durée alignées sur le droit commun issu de la loi du 14 avril 2023.

Le régime complémentaire constitue la particularité de cette caisse. Il comporte une part gérée par répartition, selon la logique classique où les cotisations des actifs financent les pensions des retraités, et une part gérée par capitalisation, où les cotisations alimentent un compte individuel investi, converti en rente viagère au moment de la liquidation.

Aucune autre section libérale ne fonctionne ainsi. Cette architecture mixte a des conséquences pratiques directes : le montant de la part capitalisée dépend des rendements obtenus sur la durée, les règles de dévolution en cas de décès avant liquidation ne sont pas celles d'une réversion ordinaire, et la conversion en rente dépend de paramètres actuariels appliqués à la date de liquidation.

S'y ajoute, pour les pharmaciens conventionnés, un régime de prestations complémentaires de vieillesse adossé au conventionnement avec l'assurance maladie, selon des modalités propres à la profession.

Comment articuler cession de l'officine et retraite ?

Chez les titulaires, la décision de partir en retraite ne se prend jamais isolément : elle est prise dans le même mouvement que la cession de l'officine. Ces deux opérations obéissent pourtant à des logiques et à des calendriers différents.

La cession répond à des considérations de marché, de fiscalité des plus-values et de transmission. La liquidation répond à des conditions d'âge, de durée d'assurance et de cessation d'activité. Les faire coïncider au mieux suppose de les arbitrer ensemble, plusieurs années à l'avance.

Nous voyons régulièrement l'inverse : une cession dont la date est arrêtée pour des raisons commerciales, et une liquidation qui s'y ajuste par défaut, parfois quelques trimestres avant le taux plein. Le coût de ce décalage se compte en dizaines de milliers d'euros sur la durée de la retraite. Cet arbitrage relève dubilan retraite, et plus largement des questions traitées dans notre page dirigeant et travailleur indépendant.

Que vérifions-nous sur ces dossiers ?

Les années d'exercice salarié antérieures à l'installation, souvent longues chez les pharmaciens, et dont les droits au régime général et à l'Agirc-Arrco sont fréquemment sous-estimés ou oubliés.

Les périodes de remplacement et d'intérim en officine, sous statuts variables, dont l'affiliation n'a pas toujours suivi.

L'état du compte de capitalisation et les paramètres de conversion en rente, qui ne se lisent pas de la même manière qu'un relevé de points ordinaire et supposent une analyse spécifique.

La cohérence des âges entre le régime de base, la part par répartition et la part capitalisée, dont les conditions optimales ne coïncident pas nécessairement.

Quand s'y prendre ?

Trois à cinq ans avant la cession envisagée. Ce délai correspond à celui de la préparation d'une cession d'officine, et il n'y a aucune raison de traiter la retraite plus tard que le reste.

L'audit de carrière permet d'identifier et de corriger les anomalies tant qu'il est encore temps. Une fois la pension notifiée, la marge de manœuvre se réduit à la voie durecours amiable, avec un délai de deux mois.

Sources et références.

Questions fréquentes.

Qu'est-ce que le régime complémentaire par capitalisation de la CAVP ?

C'est la particularité majeure de cette caisse. Le régime complémentaire des pharmaciens comporte une part gérée par répartition et une part gérée par capitalisation, où les cotisations sont capitalisées sur un compte individuel puis converties en rente viagère à la liquidation. Aucune autre section libérale ne fonctionne ainsi.

Que devient mon capital si je décède avant la liquidation ?

Les règles de dévolution du compte de capitalisation sont fixées par les statuts de la caisse et diffèrent de celles d'un régime par répartition classique. C'est un point à examiner spécifiquement dans une analyse patrimoniale, car il n'obéit pas à la logique de réversion habituelle.

Les pharmaciens titulaires et adjoints relèvent-ils de la même caisse ?

Non. La CAVP couvre les pharmaciens exerçant à titre libéral, c'est-à-dire principalement les titulaires d'officine et les biologistes libéraux. Un pharmacien adjoint salarié relève du régime général et de l'Agirc-Arrco. Une carrière comportant les deux statuts donne lieu à des pensions distinctes.

La cession de l'officine a-t-elle un effet sur la retraite ?

Elle en a un sur le calendrier et sur la fiscalité, pas sur le calcul des droits acquis. En revanche, la date de cessation d'activité détermine la date de liquidation possible, et l'articulation entre la cession, la cessation et la demande de retraite mérite d'être arbitrée à l'avance plutôt que subie.

Le régime des prestations complémentaires de vieillesse existe-t-il pour les pharmaciens ?

Un régime de prestations complémentaires de vieillesse existe pour les pharmaciens conventionnés, selon des modalités propres à la profession. Comme pour les autres professions de santé, il est adossé au conventionnement avec l'assurance maladie.

Quand engager les vérifications ?

Trois à cinq ans avant la cession envisagée. Le calendrier de cession d'une officine se prépare longtemps à l'avance, et la date de liquidation de la retraite en fait partie. Décorréler les deux décisions revient à laisser l'une contraindre l'autre.