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Le rachat de trimestres est-il rentable dans votre cas ?

Par , expert retraite — publié le 20/07/2026

Le versement pour la retraite permet de racheter jusqu'à douze trimestres au titre des années d'études ou des années incomplètes. Le prix dépend de l'âge, des revenus et de l'option choisie. Sur les dossiers que nous examinons, un rachat sur trois se révèle inutile parce que l'assuré atteindra le taux plein sans lui.

Le rachat de trimestres a mauvaise réputation, et souvent à raison. C’est un produit cher, dont la rentabilité dépend de paramètres que l’assuré n’a pas en tête au moment où on le lui propose.

Il est pourtant décisif dans une minorité de dossiers, où il fait basculer un départ décoté en départ à taux plein.

Ce qu’on peut racheter

Le versement pour la retraite, parfois appelé rachat Fillon, couvre deux catégories.

Les années d’études supérieures ayant donné lieu à un diplôme, dans la limite de douze trimestres. L’inscription doit avoir été effective et l’établissement reconnu.

Les années incomplètes, celles où moins de quatre trimestres ont été validés, dans la même limite globale de douze trimestres tous motifs confondus.

Les deux options ne se cumulent pas au-delà de ce plafond.

Le prix

Le barème dépend de trois variables : votre âge à la date de la demande, vos revenus d’activité des trois dernières années, et l’option retenue.

Le prix augmente avec l’âge, fortement. Un trimestre racheté à 40 ans coûte nettement moins qu’à 62 ans, pour le même effet. C’est l’argument principal en faveur d’un rachat précoce, mais il se heurte à une objection pratique : à 40 ans, personne ne sait quelle sera sa durée d’assurance à 64 ans, donc personne ne sait si le rachat servira.

L’option taux seul supprime la décote sans modifier la durée retenue au numérateur du coefficient de proratisation. L’option taux et durée agit sur les deux, et coûte environ moitié plus cher.

Le calcul qui compte

La question n’est pas « combien coûte un trimestre » mais « en combien d’années le récupère-t-on ».

La méthode tient en quatre étapes.

D’abord, calculez votre pension sans rachat, à la date de départ envisagée. Ensuite, calculez-la avec le rachat. La différence donne le gain annuel brut.

Appliquez ensuite votre taux marginal d’imposition au coût du rachat, puisque les sommes versées sont déductibles du revenu global. Un rachat de 12 000 euros pour un contribuable imposé à 41 % coûte réellement 7 080 euros.

Divisez enfin ce coût net par le gain annuel net de pension. Vous obtenez le nombre d’années nécessaires pour rentrer dans vos frais.

En dessous de dix ans, le rachat est en général justifié. Au-delà de quinze, il devient un pari sur la longévité.

Les trois cas où le rachat ne sert à rien

Vous atteindrez le taux plein de toute façon. C’est le cas le plus fréquent, et le plus coûteux quand il n’est pas détecté. Un assuré qui aura ses 172 trimestres à 64 ans n’a aucun intérêt à racheter : les trimestres supplémentaires ne majorent rien. Ils ne créent même pas de surcote, puisque la surcote ne compte que les trimestres réellement travaillés après le taux plein.

Vous partirez à 67 ans. À cet âge, la décote est annulée quelle que soit la durée. Racheter pour supprimer une décote qui disparaîtra seule est un pur gaspillage.

Votre pension est plafonnée par ailleurs. Certaines situations, notamment les carrières très courtes au régime général avec l’essentiel des droits ailleurs, rendent le gain marginal négligeable.

C’est pour ces trois cas que nous commençons toujours par la projection avant d’examiner le rachat. Sur les dossiers que nous voyons, environ un projet de rachat sur trois est abandonné après calcul, ce qui représente en moyenne plusieurs milliers d’euros non dépensés.

L’alternative qu’on oublie

Avant d’acheter des trimestres, vérifiez qu’il n’y en a pas à récupérer gratuitement.

Un service militaire non reporté, une période de chômage manquante, des trimestres de majoration pour enfant mal attribués : cela se corrige sans rien payer, et cela produit exactement le même effet qu’un rachat sur la durée d’assurance.

Nous avons vu des dossiers où l’assuré s’apprêtait à racheter huit trimestres alors que six lui étaient dus au titre de périodes non reportées. Le rachat aurait coûté plusieurs dizaines de milliers d’euros pour un résultat que la régularisation a produit gratuitement.

Le calendrier

Le versement doit être effectué avant la date d’effet de la pension. Une fois la retraite liquidée, la porte est fermée.

Le prix étant fixé à la date de la demande, une demande déposée en fin d’année civile bénéficie du barème de l’année en cours. Sur un rachat de plusieurs trimestres, le décalage d’un barème à l’autre représente une somme qui justifie de surveiller le calendrier.

Sources et références.

  • Articles L.351-14-1 et D.351-3 du Code de la sécurité sociale (versement pour la retraite)
  • Assurance retraite, barème annuel du versement pour la retraite
  • Bulletin officiel des finances publiques, BOI-IR-BASE-20-20 (déductibilité des cotisations de rachat)

Questions fréquentes.

Le rachat est-il déductible des impôts ?

Oui. Les sommes versées au titre du versement pour la retraite sont déductibles du revenu global sans plafond, ce qui réduit le coût réel proportionnellement à votre tranche marginale d'imposition. Pour un contribuable à 41 %, un rachat de 10 000 euros coûte réellement 5 900 euros.

Peut-on racheter après avoir liquidé sa retraite ?

Non. Le versement doit intervenir avant la date d'effet de la pension. C'est une échéance ferme, sans dérogation possible.

Quelle option choisir entre taux seul et taux plus durée ?

L'option taux seul supprime la décote sans augmenter la durée d'assurance retenue. L'option taux et durée fait les deux, et coûte environ 50 % plus cher. La seconde n'a d'intérêt que si le coefficient de proratisation est lui aussi incomplet.

Le rachat peut-il être payé en plusieurs fois ?

Oui, un échelonnement est possible au-delà d'un certain montant, sur une durée qui dépend du nombre de trimestres rachetés. L'échelonnement ne modifie pas le prix unitaire fixé à la date de la demande.